Habitat et comportement du crapaud du Colorado (Bufo alvarius)
Le crapaud du Colorado est originaire du sud-ouest de l’Amérique du Nord. Son aire de répartition couvre surtout le sud de l’Arizona et s’étend aux zones périphériques du Nouveau-Mexique ainsi que, historiquement, à l’extrême sud-est de la Californie, jusqu’au nord-ouest du Mexique. On le rencontre notamment à Sonora, Chihuahua et dans le nord du Sinaloa. Malgré son nom, il n’est pas un habitant des étendues de sable totalement dépourvues d’eau. Il utilise un spectre étonnamment large de zones désertiques et semi-désertiques, de prairies, de broussailles épineuses, de plaines alluviales et de paysages ouverts de chênes ou de genévriers. Les dépressions humides, les abreuvoirs pour le bétail, les eaux à courant lent ainsi que les bassins pluviaux remplis seulement temporairement jouent un rôle important, surtout pendant la reproduction. Une grande partie des périodes sèches ou fraîches, ce crapaud robuste la passe protégé dans des terriers utilisés par lui, des refuges souterrains ou d’anciens terriers de rongeurs. En surface, il apparaît principalement la nuit et particulièrement souvent après les pluies estivales. Ce lien marqué entre habitats terrestres secs, sol apte au creusement et eau disponible par moments devrait se retrouver dans l’aménagement du terrarium. Un terrarium tropical constamment humide ne correspond pas plus à son mode de vie naturel qu’un bac désertique totalement sec sans accès à l’eau.
La maintenance adaptée
La maintenance se fait dans un terrarium bien ventilé, axé sur le sol et doté d’une grande surface au sol. Pour un animal adulte, l’installation doit mesurer au minimum environ 100 × 50 × 50 cm ; davantage d’espace permet des zones de température, d’humidité et de retrait nettement meilleures. Pour plusieurs animaux, environ 120 × 60 × 60 cm constitue un point de départ pertinent, la taille corporelle, le ratio des sexes et le comportement individuel pouvant nécessiter plus de place. Le terrarium doit comporter plusieurs cachettes spacieuses, des zones de chasse ouvertes et une zone profonde permettant de s’enfouir complètement. Les racines lourdes, pierres et grottes doivent être posées directement sur le fond solide et sécurisées contre le creusement. Un grand bac d’eau stable et peu profond fait partie de l’équipement de base. Il doit permettre une entrée et une sortie aisées et être si peu profond que les narines restent en permanence en toute sécurité au-dessus de l’eau. L’eau est renouvelée régulièrement et doit être exempte de chlore, de résidus de produits de nettoyage et d’autres substances irritantes pour la peau. Une cohabitation avec d’autres espèces n’est pas recommandée. Même en maintenance de groupe de congénères, plusieurs points de nourrissage et refuges sont nécessaires ; les animaux harcelés ou désavantagés lors de l’alimentation doivent pouvoir être séparés.
La plantation adaptée
Une plantation est possible, mais elle doit résister à la force et au comportement fouisseur de ce grand crapaud. Des plantes robustes et non toxiques conviennent, de préférence placées dans des pots enterrés et recouverts de manière stable. Ainsi, les racines restent protégées et certaines plantes peuvent être remplacées si nécessaire. Des groupes de plantes denses peuvent créer des refuges ombragés, mais ne doivent ni entraver la circulation de l’air ni limiter l’accès libre au point d’eau. Les plantes et substrats utilisés doivent être exempts d’engrais, de produits phytosanitaires, de lustrant pour feuilles et de composants à arêtes vives. Les décorations non fixées ne conviennent pas, car elles peuvent basculer lors du creusement.
Éclairage, UV, chauffage et humidité de l’air
Dans le terrarium, un net gradient climatique doit se créer. Un cadre pratique est considéré comme étant, en journée, environ 21–27 °C, une zone limitée, chauffée par le haut, pouvant atteindre environ 24–27 °C. Des cachettes plus fraîches doivent rester disponibles à tout moment ; un chauffage uniforme de l’ensemble du sol n’est pas adapté. La nuit, la température peut descendre à environ 18–22 °C. Pour les animaux adultes, une humidité relative de l’air d’environ 40–60 % est souvent recommandée, tandis que des zones de retrait humides et le bac d’eau doivent rester disponibles en permanence. Des valeurs plus élevées sur une courte durée après humidification ne posent pas de problème, à condition que l’installation puisse ensuite sécher à nouveau. L’essentiel est d’avoir différents microclimats plutôt qu’une valeur mesurée constante en permanence. Un sol détrempé et un air stagnant chaud et humide augmentent la charge pour la peau et les voies respiratoires. Une phase de repos saisonnière marquée ne doit être effectuée que chez des animaux sains, bien préparés, et avec une expérience suffisante. Température, durée d’éclairage et alimentation doivent être ajustées lentement ; un refroidissement non contrôlé est à éviter.
Alimentation
Le crapaud du Colorado est un robuste chasseur à l’affût et perçoit avant tout les proies vivantes. En terrarium, conviennent des grillons nourris de façon variée, des sauterelles, des blattes adaptées, des vers de terre et d’autres insectes nourriciers de taille appropriée. Les larves à forte teneur en graisse ne doivent être proposées qu’en complément. Les proies vertébrées ne sont pas nécessaires pour une maintenance équilibrée et n’ont pas leur place dans le plan d’alimentation régulier. La quantité de nourriture dépend de l’âge, de l’activité, de la saison et de l’état corporel ; les jeunes en croissance ont besoin de portions plus petites et plus fréquentes que les crapauds adultes. Comme cette espèce peut facilement devenir très robuste, le poids et la morphologie doivent être contrôlés régulièrement. Les proies doivent être nourries avec des aliments de qualité avant d’être distribuées. Un complément de calcium adapté est utilisé régulièrement, et un multivitamines compatible avec les amphibiens à des intervalles plus espacés. Si le complément contient de la vitamine D3, le dosage doit être adapté à l’apport réel en UVB afin d’éviter aussi bien une carence qu’un surdosage. Les proies non consommées doivent être retirées du terrarium rapidement.
Différences entre les sexes
Les femelles adultes deviennent généralement plus grandes, plus lourdes et plus rondes que les mâles. Les mâles restent souvent plus élancés et développent, en période de reproduction, des callosités nuptiales sombres et épaissies sur les doigts internes, respectivement les pouces. Les avant-bras plus puissants servent également à maintenir la femelle durant l’amplexus. Un cri de défense ou de relâchement peut constituer un autre signe chez les mâles, mais ne doit pas être provoqué par des manipulations inutiles. Chez les jeunes animaux, une détermination fiable du sexe n’est généralement pas encore possible ; les différences de coloration seules ne sont pas considérées comme un critère fiable.
Élevage, reproduction et développement
Dans la nature, la reproduction démarre surtout après de fortes pluies estivales. Les animaux se rassemblent alors dans des mares temporaires, des étangs, des fossés ou des tronçons d’eaux à courant lent. La femelle dépose plusieurs milliers d’œufs dans l’eau sous forme de longs chapelets, qui sont fécondés extérieurement pendant l’amplexus. Les larves doivent achever leur développement avant que les eaux temporaires ne s’assèchent ; selon les conditions, la métamorphose a lieu environ après six à dix semaines. Un élevage ciblé exige une simulation saisonnière soigneusement préparée, avec températures modifiées, période de repos plus sèche, puis une brumisation intensive. En outre, un grand bassin d’eau contrôlable sur le plan hygiénique, avec sorties sûres, est nécessaire. En raison du très grand nombre d’œufs, des besoins en place considérables des larves et des exigences élevées en matière d’hygiène de l’eau, l’élevage doit être confié à des mains expérimentées. Une phase de repos ne doit être envisagée qu’avec des animaux adultes en bonne santé et suffisamment nourris.
Taille finale et espérance de vie
Les indications de taille considérées comme fiables se situent majoritairement autour de 11–19 cm de longueur museau-cloaque. Les femelles atteignent généralement les valeurs hautes de cette plage et paraissent nettement plus massives, tandis que les mâles restent souvent plus petits et plus élancés. Certaines indications divergentes sont plus élevées, mais ne sont pas attestées de façon uniforme. Pour la planification du terrarium, quel que soit le sexe, il faut compter sur un crapaud grand, puissant et actif.
À savoir
Le crapaud du Colorado présente un rythme de vie fortement saisonnier. Pendant les phases sèches, il peut rester longtemps dissimulé dans le substrat et devenir soudainement nettement plus actif après une hausse d’humidité ou une brumisation. Un séjour prolongé sous terre n’est donc pas automatiquement un signe de maladie, mais doit s’accompagner d’un contrôle des valeurs de température, d’humidité et de poids. Son comportement fouisseur rend une couche de substrat profonde et stable plus importante qu’une décoration d’escalade élaborée. Pour l’observer, les heures du soir conviennent particulièrement. Des sorties ou manipulations fréquentes ne sont judicieuses ni pour l’animal ni pour le détenteur.
Toxicité et mesures de précaution
Les grandes glandes parotoïdes derrière les yeux, ainsi que d’autres glandes cutanées, peuvent sécréter une substance à l’action très puissante. Elle ne doit pas entrer en contact avec les yeux, la bouche, le nez, des plaies ouvertes ou d’autres muqueuses. Cette sécrétion peut être nocive pour l’être humain et représente un risque d’intoxication aiguë, en particulier pour les chiens et les chats. Les animaux et le terrarium doivent donc être rendus de manière fiable inaccessibles aux enfants et aux animaux domestiques. La sécrétion ne doit jamais être déclenchée intentionnellement ; extraction, collecte ou ingestion sont strictement à proscrire. Les contacts doivent être limités aux soins et contrôles inévitables. Pour cela, on utilise des gants jetables propres, humidifiés et sans poudre, qui protègent en même temps la peau sensible des amphibiens des résidus présents sur les mains humaines. Après des interventions dans le terrarium, les mains et les équipements utilisés doivent être nettoyés soigneusement. En cas de contact avec des muqueuses ou de signes d’intoxication, une aide médicale ou vétérinaire est nécessaire sans délai.